Rapport de consultation sur l’éolien à la Dune-du-Nord : un appel à la planification intégrée de la transition énergétique des Îles-de-la-Madeleine

Havre-aux-Maisons, le 19 juillet 2017 L’AMSÉE remercie le Ministre Heurtel pour la publication du rapport de consultation sur les enjeux liés à l’implantation d’éoliennes dans l’habitat floristique protégé de la Dune-du-Nord aux Îles-de-la-Madeleine. Ce rapport est fidèle aux préoccupations soulevées lors de la consultation et l’organisme salue le travail de la commission. Parmi les consensus identifiés, on rapporte une volonté de s’affranchir de la pétro-dépendance et de réduire l’empreinte énergétique de la centrale. Tous s’entendent aussi sur la valeur écologique et la fragilité de l’écosystème de la Dune-du-Nord.

Avant d’autoriser le projet, la commission recommande au Ministre une approche rationnelle faisant appel à la rigueur. Malgré l’urgence de la transition énergétique réclamée, elle propose d’étudier d’abord les sites potentiels d’implantation éolienne selon une analyse scientifique et rigoureuse. Selon l’AMSÉE, afin d’éviter que l’histoire ne se répète, Hydro-Québec devrait aussi intégrer cet exercice à son plan global de conversion du réseau autonome des Îles-de-la-Madeleine, dont l’appel de propositions est prévu pour 2018. La porte-parole de l’organisme, Marianne Papillon, explique : « Une évaluation formelle du potentiel éolien, mais aussi du potentiel solaire et du stockage, permettrait d’ajuster au préalable le schéma d’aménagement conformément aux divers scénarios d’approvisionnements. On préciserait ainsi les contraintes du milieu sur des bases solides et concrètes, ce qui offrirait des conditions de réussite à l’industrie, lui permettant de répondre à l’appel de propositions d’Hydro-Québec à moindre risque et donc, à moindre coût. »

Dans une perspective de planification intégrée des ressources en vue d’une transition énergétique optimale du réseau autonome, l’AMSÉE invite Hydro-Québec à suspendre l’actuel appel de propositions pour intégrer le tout à celui de 2018 visant la conversion de la centrale, ce qui donnerait le temps de réaliser les études d’emplacement et de connaître les coûts et conditions de raccordement par câble sous-marin. Selon l’AMSÉE, la planification du dossier de l’énergie gagnerait à ne pas être fractionnée comme elle l’est présentement entre hydrocarbures, parc éolien de la Dune-du-nord et table d’échange sur l’avenir de la centrale. L’organisme réitère donc sa demande aux élus municipaux de mettre en place un lieu de concertation en énergie. «Nous interpellons le Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) ainsi que Transition énergétique Québec (TÉQ) à accompagner notre communauté et Hydro-Québec dans la conversion à venir du plus grand réseau autonome du Québec et nous demandons formellement qu’une démarche intégrée de planification énergétique communautaire soit mise en place aux Îles-de-la-Madeleine » conclut la porte-parole.

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Regard sur l’éolien aux Îles-de-la-Madeleine

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Pourquoi, au pays du vent, les éoliennes ne poussent-elles pas? Peut-on ériger des éoliennes en territoire exigu et sur un habitat protégé? Peut-on se permettre l’absence d’éolienne dans notre réseau autonome alimenté au mazout?

Marianne Papillon et Camille Heidelberger analysent la situation à l’émission L’heure d’ici le 8 février 2017: retour sur les faits, depuis la première éolienne verticale jusqu’aux rebondissements concernant l’actuel appel de proposition d’Hydro-Québec. Et que nous réserve le futur? Saurons-nous créer un lieu d’échange et d’information en énergie pour faciliter notre transition?

Téléchargez l’émission ici, écoutez de 1:19: à 1:35;

consulter l’étude de 2016 sur les sites d’implantation éolienne ici

et le rapport de la consultation publique en 2007 sur le développement de l’énergie éolienne aux Îles-de-la-Madeleine ici. 

RAPPORT D’ENQUÊTE SUR LE DÉVERSEMENT DE CAP-AUX-MEULES : DES EXPLICATIONS ET DU CHANGEMENT SONT ATTENDUS

Havre-aux-Maisons, le 11 avril 2016 – Hydro-Québec aurait manqué à ses devoirs en ne prenant pas les mesures de prudence, de vigiliance et de précautions pour l’entretien de son oléoduc et lors des procédures entourant le test d’étanchéité de son oléoduc du 11 septembre 2014, révèle le rapport d’enquête* sur le déversement de Cap-aux-Meules.

Hydro-Québec aurait constaté dès 2007 que la protection du recouvrement du pipeline était problématique, ne protégeant pas adéquatement cet oléoduc en milieu aqueux contre la corrosion. En 2013, l’inspection laissait croire que l’oléoduc n’était plus cathodiquement protégé. Compte tenu des risques pour le milieu, l’AMSÉE demande des explications à la société d’État quant à ce non respect des normes et cette non application des recommandations des inspecteurs.

Non seulement ces manquements auraient contribué à l’étendue du déversement de plus de 100 000 L de diesel, mais le rapport mentionne aussi que le personnel responsable de la réalisation des tests n’avait pas la formation et l’information nécessaire pour conduire un test hydrostatique avec du diesel, ce qui a aggravé la situation et retardé la détection du déversment. L’AMSÉE demande à la société d’État quels changements compte-elle opérer quant à son plan de suivi et d’entretien d’oléoduc, comment s’assurera-t-elle que son personnel aura la compétence nécessaire pour y oeuvrer et comment rétablira-t-elle la confiance du public après la révélation de tels faits. « Ce rapport est accablant. On constatait déjà que, compte tenu que les centrales thermiques sont polluantes et produisent à perte, trop peu d’efforts étaient effectués par Hydro-Québec pour assainir ses réseaux autonomes en terme d’efficacité énergétique et de production d’énergie renouvelable. Mais maintenant, on a en plus la confirmation que la gestion des risques risques liés au transport d’hydrocarbure et à leurs infrastructures pétrolières a été insuffisante. » Un assainissement majeur de la gouvernance des réseaux autonomes est attendu, incluant le développement d’une culture de prévention et de sécurité.

Afin de réduire les impacts des hydrocarbures en termes de déversement et d’émission de GES, l’AMSÉE demande à Hydro-Québec d’exercer davantage de leadership dans ses réseaux autonomes et de faciliter la nécessaire transition énergétique des communautés isolées qu’elle dessert. À cet effet, l’AMSÉE attend d’Hydro-Québec qu’elle collabore à la démarche et à l’atteinte des objectifs de la Stratégie énergétique des Île-de-la-Madeleine. Cette stratégie actuellement en élaboration par l’Agglomération des Îles-de-la-Madeleine répond à une demande de la population madelinienne qui cherche à réduire sa pétrodépendance et son empreinte énergétique dans le contexte insulaire.

Enfin, l’AMSÉE rappelle que le déversement et les travaux de récupération et de nettoyage occupent le port de Cap-aux-Meules depuis un an et demi, au coeur même du village de Cap-aux-Meules, ce qui affecte la vie des insulaires. Les travaux de décontamination prévus pourraient durer encore deux ans. L’AMSÉE demande à Hydro-Québec de dédommager la communauté en contribuant substantiellement à des projets locaux.

Déversement aux Îles de la Madeleine : l’oléoduc d’Hydro-Québec était gravement corrodé, dit un rapport », un reportage de Michel-Félix Tremblay sur Radio-Canada, 10 avril 2016.

Source : Marianne Papillon, porte-parole de l’AMSÉE, 418 937-4945, amsee.ca@outlook.com