Le remplacement d’une énergie fossile par une autre ne saurait convenir à la transition des Îles-de-la-Madeleine

Image source: http://ici.exploratv.ca/blog-explorateur/le-monde/gaspillage-gaz-naturel

Havre-aux-Maisons, le 24 novembre 2017 La dernière Table d’échange entre Hydro-Québec (HQ) et la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine (CMÎ), visant à identifier les contraintes du milieu à inclure à l’appel de propositions « toutes sources » prévu pour 2019, se tiendra le 28 novembre prochain, au terme d’une année complète de démarche. Les soumissions déposées devront respecter ces contraintes, puis seront comparées au scénario de raccordement par câble avant que HQ ne fasse son choix de conversion. Les contraintes identifiées aux documents[1] rendus publics sont donc déterminantes dans le choix du prochain régime énergétique de l’Archipel.

Or, à première vue, les discussions à la Table d’échange semblent avoir porté essentiellement sur la protection des emplois directs et indirects liés à l’actuel régime. « Le document stipule que le projet de conversion ne doit pas engendrer d’impact négatif pour les industries existantes. Pourtant, maintenir artificiellement les secteurs liés aux hydrocarbures serait contraire à l’esprit-même de la transition et injuste envers tous ceux qui participent aux efforts de lutte ainsi qu’envers les générations futures. Nous recommandons plutôt qu’un accompagnement des entreprises et travailleurs des secteurs pétrodépendants vers des secteurs durables et diversifiés soit exigé » affirme Marianne Papillon, porte-parole de l’organisme.

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UNE MEILLEURE COMMUNICATION ANNONCÉE PAR HYDRO-QUÉBEC EST ATTENDUE

 

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Source : tableau de la page 24, Plan stratégique 2016-2020 d’Hydre-Québec

 

Havre-aux-Maisons, le 21 juin 2016 – L’AMSÉE se réjouit d’apprendre que Hydro-Québec, dans son Plan stratégique 2016-2020, entend améliorer le service à la clientèle et communiquer de façon proactive avec ses clients, ses employés et ses partenaires. Pour ce faire, Hydro-Québec prévoit «informer et écouter» ainsi que « favoriser l’accessibilité et l’ouverture ». Le plan prévoit « privilégier une communication de proximité, basée sur l’authenticité et l’écoute; fournir la bonne information dans les meilleurs délais; mieux expliquer nos activités, notre contexte d’affaire, nos enjeux et notre contribution à l’économie québecoise; répondre aux demandes de renseignements conformément à notre engagement sur la transparence. »

Considérant qu’il y a encore beaucoup d’obstacle à lever pour y parvenir, une telle amélioration des communications en proximité des populations desservies est très attendue aux Îles-de-la-Madeleine. En effet, Hydro-Québec refuse toujours de commenter le rapport d’enquête du déversement de 2014 à Cap-aux-Meules[i]. Aussi, l’AMSÉE constate que la sortie même de ce Plan au niveau national a provoqué un émoi dans la communauté madelinienne[ii], laissant croire à une conversion imminente de la centrale thermique. Or, la conversion en cours qui y est annoncée ne concerne que la poursuite du projet éolien déjà prévu. Quant à l’appel de proposition annoncé pour 2019 au sujet de la conversion de la centrale thermique des Îles-de-la-Madeleine, il a pour but d’évaluer divers scéanarios d’approvisionnement et donc de planifier la conversion « en fonction de la fin de vie utile des centrales » (celle de Cap-aux-Meules étant estimée à 2035).

L’AMSÉE demande à la Société d’État de mieux informer la population madelinienne sur son Plan stratégique et de mettre à exécution sa stratégie d’information, écoute, accessibilité et ouverture au sujet de la planification de la conversion de la centrale. Hydro-Québec doit impliquer et consulter adéquatement la population pour prendre en considération l’acceptabilité sociale des scénarios d’alimentation qui seront envisagés puis retenus. Pour sa part, l’AMSÉE ne favorise aucun scénario en particulier, mais plutôt un cadre d’analyse de multiples scénarios basé sur la réduction de la consommation fossile et sur la réduction des risques et impacts qui y sont associés, le tout s’inscrivant dans une vision de développement durable de la communauté madelinienne.

Outre l’assainissement progressif des réseaux autonomes, l’AMSÉE tient à souligner d’autres éléments favorables du Plan : « Contribuer au développement économique et à la transition énergétique du Québec » ; « Poursuivre nos efforts en efficacité énergétique »; « Proposer de nouveaux programmes pour réduire la consommation d’électricité en période de pointe »; « Améliorer le service offert aux autoproducteurs résidentiels d’énergie renouvelable (option mesurage net) » et « Intensification des efforts pour commercialiser [les] systèmes de stockage de grande capacité destinés aux réseaux électriques (dont les réseaux autonomes). »

L’AMSÉE profite du passage du P.D.G. d’Hydro-Québec, Monsieur Éric Martel, aux Îles-de-la-Madeleine le 23 juin, pour réitérer ses questions[iii] et demandes[iv] en lien avec le déversement et avec la transition énergétique locale. En plus de demander explication et réparation pour les événements de 2014, l’AMSÉE demande plus de mesures de soutien pour réduire la consommation fossile. En effet, en 2016, il est inacceptable que seules les énergies fossiles (chauffage à l’huile et gaz) soient subventionnées dans les programmes d’efficacité énergétique des Îles-de-la-Madeleine, lesquels devraient d’ailleurs, en plus d’inclure les énergies renouvelables, bénéficier de beaucoup plus de visibilité et de promotion. Enfin, l’AMSÉE invite la direction d’Hydro-Québec à rencontrer les organismes du milieu et à participer à l’éventuelle mise en œuvre du Plan énergétique de l’Agglomération des Îles-de-la-Madeleine en vue de favoriser la réduction de l’empreinte énergétique et la transition locale.

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L’AMSÉE est un OSBL ayant pour mission de promouvoir la sécurité énergétique et environnementale aux Îles de la Madeleine. Elle vise à stimuler la mise en place de mesures de réduction des risques et des impacts des événements accidentels terrestres et maritimes liés à l’approvisionnement énergétique, sur l’archipel et dans le golfe du Saint-Laurent. Elle vise aussi à contribuer à la réduction de l’empreinte environnementale madelinienne en valorisant la réduction des besoins à la source et l’efficacité énergétique (www.amsee.ca).

Source : Marianne Papillon, porte-parole de l’AMSÉE, 418 937-4945, amsee.ca@outlook.com

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UN AN APRÈS LE DÉVERSEMENT

OLÉODUC D’HYDRO-QUÉBEC À CAP-AUX-MEULES

Havre-aux-Maisons, le 15 septembre 2015 – Hydro-Québec a invité les résidents de Cap-aux-Meules à une soirée d’information le 10 septembre dernier à l’Étang-du-Nord. Un an après le déversement du 11 septembre 2014 de plus de 100 000 L de diésel au port de Cap-aux-Meules, la société d’État y a présenté les plans de réfection de son oléoduc.

Hydro-Québec prévoit en prolonger la portion aérienne de plusieurs dizaines de mètres dans le secteur du quai et procéder à une dizaine d’excavations préventives sur le reste du pipeline, incluant la mise en place d’un minimum de trois manchons de remplacement. « Nous avons pu constater qu’Hydro-Québec entend remettre son oléoduc à niveau pour la durée de la prochaine décennie et nous n’en attendons pas moins de la part de notre société d’État, » d’affirmer Marianne Papillon, porte-parole de l’Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale (AMSÉE).

La fin des travaux est prévue en décembre, cependant les autorisations gouvernementales n’étaient pas encore obtenues au moment de la rencontre. De plus, la décontamination devra se poursuivre encore longtemps après ces travaux. « Le prochain programme de surveillance et d’entretien des infrastructures pétrolières d’Hydro-Québec devra être amélioré, opine la porte-parole, car soit les normes de l’industries sont insuffisantes, soit c’est leur application qui fait défaut. C’est ce que l’enquête en cours nous aidera à comprendre, » ajoute-t-elle.

Cet anniversaire concordait aussi avec la tombée de la décision de la Régie de l’énergie du Québec quant à la création d’un compte d’écart pour évènements imprévisibles liés aux combustibles dans les réseaux autonomes allant de 15 à 50 M$, ce qu’elle acceptait le 10 septembre précisément. La Régie refuse par contre d’y inclure le montant de 9,8M$ associé à ce déversement en 2014-2015, cette dépense étant antérieure à la décision. Il est à noter que les frais encore à venir de plus de 11 M$ y seront cependant admissibles. « Tant la société d’État que sa clientèle gagneraient à ce que Hydro-Québec s’implique davantage localement dans la réduction à la source, l’efficacité énergétique et la transition vers les énergies renouvelables afin de mieux gérer les risques inhérents à ses installations en réseau autonome» conclut la porte-parole.

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LETTRE-TYPE: Participez à la politique énergétique du Québec avant le 15 juillet!

Envoyons un message clair au gouvernement et à Hydro-Québec de la part des communautés éloignées! 

Chers membres, partenaires et amis,
Vous êtes invités à participer dès aujourd’hui  au dépôt collectif de l’AMSÉE. Le gouvernement du Québec est en train d’élaborer sa Politique énergétique pour les 10 prochaines années. Participons massivement à cette démarche en ligne avant le 15 juillet pour donner une voix aux communautés isolées alimentées par les réseaux autonomes d’Hydro-Québec.
Comment participer à ce dépôt collectif?
  • Téléchargez la lettre-type (si cela ne fonctionne pas, créez un document en copiant-collant le texte ci-bas dans votre logiciel de texte) Optionnel : personnalisez son contenu si désiré.
  • Remplissez le formulaire en ligne pour déposer votre lettre:
  1. Compléter les renseignements personnels requis.
  2. Comme thème principal de votre lettre, sélectionnez celui qui vous touche le plus (toutes les options sont bonnes!)
  3. Téléchargez-y votre lettre tel qu’indiqué.
  4. Cliquez sur Envoyer.

C’est tout!

Merci!!

Contenu suggéré:

En plein cœur du golfe du Saint-Laurent, exclus du réseau hydroélectrique central du Québec et approvisionnés par un réseau autonome alimenté par une centrale thermique au mazout, les résidents des Îles de la Madeleine ont une expérience directe des conséquences de la consommation énergétique typique actuelle. Sur leur archipel isolé, ils sont les témoins privilégiés des risques associés tant à la dépendance aux hydrocarbures et au transport pétrolier, qu’aux changements climatiques.

Ainsi, la politique énergétique du Québec devrait s’articuler autour de 3 points principaux, qui résonnent de façon particulièrement claire en région isolée:

  1. La sécurité énergétique, qui vise un approvisionnement à long terme en énergie accessible, distribuée de façon efficace, équitable, fiable et socialement et financièrement abordable, le tout dans le but d’assurer la qualité de vie. Mais compte tenu des coûts sociaux, environnementaux et financiers associés à la production, distribution et utilisation de l’énergie, la sécurité énergétique implique aussi son utilisation judicieuse, basée sur l’efficacité et issue de sources non-polluantes, éléments garantissant un meilleur approvisionnement à long terme;
  1. La décarbonisation imminente des activités socioéconomiques, qui implique de remplacer, dès aujourd’hui, les sources énergétiques fossiles par des alternatives neutres en carbone. Ceci nécessite des modifications dans les principaux secteurs de consommation, notamment le transport et l’habitation, et des investissements majeurs dans des mesures qui rendront ces changements accessibles à tous. Cette « pétrodépendance » n’est pas un destin implacable mais bien un point de départ d’une démarche avantageuse, créatrice de richesse et fondatrice d’une économie verte.
  1. Pour ce faire, le gouvernement doit miser sur une gouvernance énergétique saine et transparente. Les communautés veulent être impliquées dans l’élaboration des mesures qui les soutiendront dans leur évolution. Pour être responsables envers leurs prochains, les communautés dites pétro-dépendantes doivent avoir un accès et une influence sur le processus de prise de décision qui les concernent et entretenir une relation dynamique de réciprocité avec les décideurs tels qu’Hydro-Québec. Il s’agit d’une nécessité primordiale, en particulier dans un contexte de monopole.

Les projets de développement pétrolier devraient être abandonnés pour être remplacés par une stratégie ambitieuse d’efficacité énergétique et de substitution des hydrocarbures par des énergies renouvelables, basée sur l’innovation. Plus précisément, le réseau des Îles de la Madeleine pourrait devenir proprement autonome et servir de pilote pour le reste du Québec. Compte tenu des actuels coûts d’exploitation des réseaux autonomes, de la fréquence croissante d’accidents de toute sorte concernant les hydrocarbures et du momentum mondial en matière de changements climatiques, mettre en application une telle stratégie ambitieuse intégrant la réalité des communautés isolées est non seulement rentable mais nécessaire.

Qu’est-ce que la sécurité énergétique?

La notion de sécurité énergétique recoupe trois préoccupations distinctes mais interreliées.
  1. La plus connue concerne la garantie d’approvisionnement en énergie. Tout État, qu’il possède ou non des ressources d’énergies fossiles ou encore des capacités en matière d’énergies renouvelables, se trouve confronté à la nécessité d’assurer de façon stable et continue son approvisionnement en énergie et en électricité.
  2. La deuxième préoccupation touche la sécurité environnementale: protection de l’eau, préservation de la biodiversité, lutte contre les changements climatiques. On pense ici à la fois à la pollution découlant de la consommation d’énergie mais également de son exploration, exploitation, transformation, transport et stockage.
  3. La troisième est liée à l’efficacité énergétique. Celle-ci consiste à réduire les consommations d’énergie et à diminuer, à productivité égale, les coûts environnementaux, économiques et sociaux liés à la production et à la consommation d’énergie. Comment consommer mieux avec moins?

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