11 septembre 2016: 2e anniversaire du déversement au quai de Cap-aux-Meules

Dimanche passé marquait le 2e anniversaire du déversement de 100 000 litres de diésel dans l’enceinte du quai de Cap-aux-Meules. L’AMSÉE aimerait prendre cette occasion pour faire un état des lieux de la progression de ce dossier. Durant la dernière année, plusieurs événements ont attiré l’attention.

  • Publication du rapport d’enquête accablant du ministère de l’environnement (MDDELCC) au sujet de l’accident survenu dans la nuit du 10 au 11 septembre 2014 : Le rapport mettait en évidence plusieurs erreurs techniques et humaines survenues lors du test d’étanchéité du pipeline et détaillait l’état délabré des installations, laissant planer un doute sur une culture de laisser aller chez Hydro-Québec, notamment par rapport aux systèmes d’approvisionnement énergétique autonomes. La société d’état sous-estimerait-elle les risques inhérents associés à l’exploitation des installations thermiques? Bien des questions restent sans réponse, même si le niveau de sécurité semble avoir été sensiblement rehaussé.
  • Début des travaux de réhabilitation du quai : Après de nombreux délais, Hydro-Québec a entamé les travaux de réhabilitation du quai. Plusieurs technologies sont au banc d’essai. En effet, malgré les circonstances somme-toute clémentes (le déversement s’est produit à l’intérieur de l’enceinte du quai, par un temps calme), la situation est compliquée. Un nombre élevé de structures souterraines vulnérables (conduits électriques, notamment), restreignent la surface de travail pouvant être activement décontaminée, laisser croire que quelques 20% des 100 000L de diésel écoulé ne pourront être récupéré et devront être dégradés naturellement, avec le temps. Il s’agit d’une réalité implacable, qu’on accepte malgré nous : la consommation continue des hydrocarbures appelle une partie croissante du territoire à être sacrifiée, parfois à perpétuité.
  • La Régie de l’énergie a accepté que soit créé un compte d’écart, qui devra à l’avenir permettre à la société d’état de financer des surcoûts opérationnels majeurs, liés notamment à des bris ou des déversements. Les montants à inscrire ne sont cependant pas encore connus : les coûts de réhabilitation du quai avaient été prévus à quelques $20 millions, mais les dernières estimations laissent croire que cette somme pourrait atteindre quelques $32 millions.

Deux ans plus tard, l’AMSÉE se questionne sur ce que sauraient accomplir des investissements équivalents en termes de transition énergétique aux Îles, si une véritable volonté politique devait se matérialiser.N’attendons pas un autre trois ans pour y répondre! Le temps presse pour rejoindre les centaines de communautés à travers le monde qui s’affranchissent des énergies fossiles et se soustraient aux risques que ces dernières représentent. Rappelons que le mois d’août dernier a été le 11e mois d’affilé à battre des records mondiaux de chaleur…

N’attendons pas une unique solution miracle, non-plus : le réinvestissement nécessaire dans les réseaux autonomes devra non-seulement en assurer la conversion, mais soutenir une véritable transition, misant sur l’économie et l’efficacité énergétique, toutes les deux génératrices de richesse locale.

 

RAPPORT D’ENQUÊTE SUR LE DÉVERSEMENT DE CAP-AUX-MEULES : DES EXPLICATIONS ET DU CHANGEMENT SONT ATTENDUS

Havre-aux-Maisons, le 11 avril 2016 – Hydro-Québec aurait manqué à ses devoirs en ne prenant pas les mesures de prudence, de vigiliance et de précautions pour l’entretien de son oléoduc et lors des procédures entourant le test d’étanchéité de son oléoduc du 11 septembre 2014, révèle le rapport d’enquête* sur le déversement de Cap-aux-Meules.

Hydro-Québec aurait constaté dès 2007 que la protection du recouvrement du pipeline était problématique, ne protégeant pas adéquatement cet oléoduc en milieu aqueux contre la corrosion. En 2013, l’inspection laissait croire que l’oléoduc n’était plus cathodiquement protégé. Compte tenu des risques pour le milieu, l’AMSÉE demande des explications à la société d’État quant à ce non respect des normes et cette non application des recommandations des inspecteurs.

Non seulement ces manquements auraient contribué à l’étendue du déversement de plus de 100 000 L de diesel, mais le rapport mentionne aussi que le personnel responsable de la réalisation des tests n’avait pas la formation et l’information nécessaire pour conduire un test hydrostatique avec du diesel, ce qui a aggravé la situation et retardé la détection du déversment. L’AMSÉE demande à la société d’État quels changements compte-elle opérer quant à son plan de suivi et d’entretien d’oléoduc, comment s’assurera-t-elle que son personnel aura la compétence nécessaire pour y oeuvrer et comment rétablira-t-elle la confiance du public après la révélation de tels faits. « Ce rapport est accablant. On constatait déjà que, compte tenu que les centrales thermiques sont polluantes et produisent à perte, trop peu d’efforts étaient effectués par Hydro-Québec pour assainir ses réseaux autonomes en terme d’efficacité énergétique et de production d’énergie renouvelable. Mais maintenant, on a en plus la confirmation que la gestion des risques risques liés au transport d’hydrocarbure et à leurs infrastructures pétrolières a été insuffisante. » Un assainissement majeur de la gouvernance des réseaux autonomes est attendu, incluant le développement d’une culture de prévention et de sécurité.

Afin de réduire les impacts des hydrocarbures en termes de déversement et d’émission de GES, l’AMSÉE demande à Hydro-Québec d’exercer davantage de leadership dans ses réseaux autonomes et de faciliter la nécessaire transition énergétique des communautés isolées qu’elle dessert. À cet effet, l’AMSÉE attend d’Hydro-Québec qu’elle collabore à la démarche et à l’atteinte des objectifs de la Stratégie énergétique des Île-de-la-Madeleine. Cette stratégie actuellement en élaboration par l’Agglomération des Îles-de-la-Madeleine répond à une demande de la population madelinienne qui cherche à réduire sa pétrodépendance et son empreinte énergétique dans le contexte insulaire.

Enfin, l’AMSÉE rappelle que le déversement et les travaux de récupération et de nettoyage occupent le port de Cap-aux-Meules depuis un an et demi, au coeur même du village de Cap-aux-Meules, ce qui affecte la vie des insulaires. Les travaux de décontamination prévus pourraient durer encore deux ans. L’AMSÉE demande à Hydro-Québec de dédommager la communauté en contribuant substantiellement à des projets locaux.

Déversement aux Îles de la Madeleine : l’oléoduc d’Hydro-Québec était gravement corrodé, dit un rapport », un reportage de Michel-Félix Tremblay sur Radio-Canada, 10 avril 2016.

Source : Marianne Papillon, porte-parole de l’AMSÉE, 418 937-4945, amsee.ca@outlook.com

Suivi des travaux au port de Cap-aux-Meules

Un reportage de Annie Lapierre à CFIM 92,7 le 13 novembre 2014

Hydro-Québec considère que l’unité de bioaspiration, utilisée pour récupérer les hydrocarbures dans le port de Cap-aux-Meules, donne de bons résultats.
La porte-parole de la société d’État, Marie-Élaine Truchon souligne d’ailleurs que l’utilisation de l’appareil a été approuvée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte aux changements climatiques.
En fonction 24 heures sur 24 depuis la semaine dernière, l’unité de bioaspiration permet de récupérer la phase liquide des hydrocarbures dans le sol et d’en séparer l’eau par la suite.
L’eau est traitée, puis retournée au système d’égout et l’air qui en ressort est également filtré.
Les équipes sont toujours en place afin d’assurer la récupération dans les tranchées et des spécialistes les accompagnent dans les travaux.

Lire la suite

Mobiliser et questionner

Un reportage d’Annie Lapierre à CFIM, le 12 novembre 2014

Le jour du Souvenir a pris un autre sens cette année, alors que les Madelinots étaient invités à se rassembler près du quai de Cap-aux-Meules, deux mois jour pour jour après le déversement d’hydrocarbures.
Plus d’une quinzaine de personnes se sont réunies hier midi à la Place des gens de mer, au quai de Cap-aux-Meules.

Lire la suite

Anthologie des articles de CFIM au sujet du déversement à Cap-aux-Meules

Période du 12 septembre au 5 novembre 2014.

Source:  Archives de la salle de nouvelles de CFIM 92,7 FM

2014-09-12

Article I     Déversement au port de Cap-aux-Meules

Une opération d’intervention environnementale est en cours dans le port de Cap-aux-Meules, du côté de la marina, pour nettoyer un déversement d’huile.
L’équipe des Lavages industriels Vigneau, premier répondant aux Îles pour la Garde côtière canadienne, a déployé des estacades hier après-midi, dans la section port de pêche, afin de créer une zone de protection.

Lire la suite