Un bord de plus vers la mobilité durable

Se transporter aux Îles a un lourd impact dans notre bilan carbone. La flotte de bateaux pour rejoindre les Îles-de-la-Madeleine est à renouveler. L’occasion de s’exprimer sur nos attentes envers les futurs bateaux.

En ce sens, l’AMSÉE a saisi deux occasions pour faire valoir les principes de sécurité énergétique et environnementale pour notre futur moyen de transport. Elle a transmis un commentaire au ministre des transports dans le cadre de la consultation en ligne organisé par le député provincial et au comité sur le service de traversier qui organisait en mai dernier une consultation publique. Plusieurs membres de l’AMSÉE ainsi que l’AVÉQ ont aussi saisi ces opportunités pour faire valoir l’électromobilité et l’intermodalité.

1- Considérer le cycle de vie complet du navire et de ses matériaux dans leur commande. Pour cela, engager les acteurs/experts du milieu comme le CERMIM, Cegep des Îles, Merinov, etc à réaliser une ou des études pour aider à la prise des décisions. Profiter de ce renouvèlement de navire pour explorer largement ce qui se fait ailleurs, trouver des comparatifs et analyser rigoureusement les possibilités en fonction des critères suggérés par les citoyens et les capacités techniques et financières du projet. Il y a une opportunité de laboratoire ou vitrine en termes d’innovation et de partages d’expérience pour toutes les autres communautés insulaires et maritimes à travers le monde à saisir.à


2- Penser réduction à la source, éviter les postes de consommation faste pour l’image de luxe, préférer l’adoption d’une image responsable et soucieuse de l’environnement. En ce sens, faciliter, la réduction des déchets.


3- Penser efficacité énergétique : notamment récupération de la chaleur si combustion. Adopter des mesures efficaces de gestion de l’énergie par l’utilisation d’éléments d’éclairages judicieux et non excessifs. Intégrer des dispositifs de contrôle intelligents (domotique) de l’éclairage, de la température (chauffage/climatisation) et de l’eau. Utiliser des matériaux qui ont des propriétés isolantes et saines. Récupérer adéquatement les eaux usées.


4- Favoriser les modes de propulsion renouvelable ou mixte, par exemple voire à inclure le solaire photovoltaïque sur les ponts, pile électrique et l’hydrogène de source renouvelable, sinon en prévoir la possible conversion dans un futur pas si lointain…


5- Mettre en place des mesures d’atténuation des gaz d’échappement au moment de l’embarquement et du débarquement des véhicules dans le navire, voire interdire la marche au ralentie des véhicules à l’arrêt, dans les files d’attentes sur les quais et dans le navire, dans le
but de préserver la santé des employés et des passagers. S’assurer que des moyens soient déployés pour appliquer ces mesures (sensibilisation au moment de la réservation, signalisation claire, réglementation, personnel dédié, etc).


6- S’assurer qu’un tarif adapté ou la gratuité soient offerts pour les petits véhicules et les véhicules électriques ou hybrides. En effet, si la tarification est établie en fonction de la taille des véhicules transportés, il est essentiel que les utilisateurs de petites voitures compactes paient le juste prix, c’est-à-dire un tarif différent d’un VUS énergivore en termes d’espace et de ressources. En ce sens, l’AMSÉE appuie les revendications de l’AVÉQ d’élargir la gratuité instaurée en 2016 pour les détenteurs de véhicule avec une plaque verte à cette liaison, dans une optique d’équité et d’atteinte des objectifs en termes d’électrification des transports (100 000 véhicules électriques d’ici 2020).


7- Favoriser la mobilité durable au-delà de la portion maritime, investir l’aspect « multimodal » de la mobilité. Par exemple, optimiser les services, l’accueil, le soutien et l’information à la traverse sans véhicule (piétons, cyclistes) en mettant en place des espaces réservés pour les vélos, en facilitant les démarches de location de véhicule sur l’archipel pour réduire le poids à transporter (moins de véhicule = moins d’énergie consommée au déplacement du navire). Mettre en place des bornes de recharge rapide sur les quais.


8- Être vigilant à ce que le service de transport et la pollution qui en découle ne soit pas artificiellement favorisée par les incitatifs financiers (ex: rabais sur billets d’avion, qui est très polluant, mais pas sur la traverse y compris pour les véhicules électriques.) Autre exemple, éviter que les mécanismes de facturation n’encouragent le transport lourd et massif d’une grande quantité de déchets, défavorisant la réduction des déchets à la source)


Plusieurs de ces recommandations ont été suggérées à l’occasion de deux rencontres de l’AMSÉE en octobre 2018 et février 2019 auprès de représentants de CTMA qui se sont montrés très ouverts et intéressés à réduire leur empreinte énergétique et environnementale. Ils sont d’ailleurs très engagés à travers le programme de certification environnementale Alliance Verte, mais font face à plusieurs défis pour améliorer leur note. C’est pourquoi l’AMSÉE croit que CTMA devrait être soutenue administrativement pour permettre l’innovation notamment et pour faire de cet armateur madelinot une référence en matière de transport durable.

Pour terminer cet article, nous vous invitons à découvrir une initiative de CTMA en matière d’environnement:

VOIR LE BON COUP DE CTMA

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