CULPABILITÉ D’HYDRO-QUÉBEC CONCERNANT LE DÉVERSEMENT À CAP-AUX-MEULES : QUELLES LEÇONS EN TIRER?

CAM-panoramique8nov2014Havre-aux-Maisons, le 2 février 2016 – Hydro-Québec a reconnu sa culpabilité dans le déversement de 100 600 L de diesel au port de Cap-aux-Meules la nuit du 10 au 11 septembre. Ainsi, elle admet ne pas avoir assurée une surveillance continue lors des tests d’étanchéité, malgré que son oléoduc, rempli de plus de 300 000 L de diesel, était soumis à une importante pression. Constatant, le lendemain matin, qu’il y avait eu une chute de pression, 69 500 L supplémentaires ont été injectés pour rétablir celle-ci. L’oléoduc n’a effectivement été vidé de son contenu que le soir du 11 septembre, des heures après que les bateaux aient été retenus à quai, en raison de la présence d’une nappe d’huile au port de Cap-aux-Meules.

IMG_1309BL’Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale (AMSÉE) se désole de constater que des éléments de surveillance aussi élémentaires aient été omis, vu le discours actuel de l’industrie de l’énergie au sujet de la sécurité de ses pipelines. Une véritable culture de précaution doit se développer au sein notre Société d’État et des institutions gouvernementales qui établissent les normes en la matière. « Si l’industrie se défend en disant suivre les normes, ne devrions-nous pas revoir les règlements qui les établissent? Nous ne pouvons pas accepter que l’industrie soit réglementée par des normes insuffisantes exigeant seulement le strict minimum au mépris de l’intégrité de nos milieux de vie. Et que penser de nos gouvernements qui semblent incapables de faire respecter ces normes, comme vient justement d’en témoigner2 la commissaire fédérale au développement durable?» demande Marianne Papillon, porte-parole de l’AMSÉE. « Le processus interne d’amélioration des pratiques qui a présentement cours chez Hydro-Québec sera-t-il rendu public? Quelles leçons la Société d’État tire-t-elle des événements aux Îles? En fera-t-elle bénéficier la communauté, l’industrie et nos institutions? Nous le souhaitons, espérant ainsi éviter le pire à d’autres communautés menacées par d’éventuels déversements. »

Ainsi, plusieurs questions demeurent: Le fameux rapport2 sur l’état de l’oléoduc qu’Hydro-Québec avait refusé de rendre public ainsi que le rapport d’enquête du MDDELCC seront-ils maintenant accessibles? Quel sera l’impact de cette culpabilité concernant l’attribution des dépenses au compte d’écart pour évènements imprévisibles liés aux combustibles dans les réseaux autonomes de 50 M$ accordé par la Régie de l’Énergie à Hydro-Québec en 2015 sous réserve qu’il ne s’agisse pas d’un acte de négligence?

Hydro-Québec vient de présenter son plan de décontamination des sols du port de Cap-aux-Meules, lequel prévoit deux ans de travaux avec des technologies qui ne permettront probablement pas de décontaminer environ 20% de la zone affectée. Ces zones seront éventuellement décontaminées par dégradation bactérienne naturelle, mais à beaucoup plus long terme. « Il faut dire la vérité. Même si la loi prévoit que nul ne peut polluer et que le pollueur est responsable de décontaminer… à l’impossible, nul n’est tenu. Donc, qu’on se le dise: le déversement de 100 600 L de diesel d’Hydro-Québec devrait être décontaminé à 80%, environ trois ans après l’événement, au coût de 20 M$, mobilisant des ressources technologiques, financières et humaines sans précédent. Est-il encore nécessaire d’insister sur l’importance d’investir dans l’affranchissement au pétrole dans notre communauté? » conclut la porte-parole.

L’AMSÉE exige d’Hydro-Québec un plus grand leadership en matière de développement durable et d’énergie renouvelable, surtout dans le contexte actuel du plaidoyer de culpabilité et de report du projet d’éolienne sur le territoire madelinot. L’AMSÉE demande à Hydro-Québec d’accélérer son engagement en matière réduction de la consommation, d’efficacité énergétique et de conversion aux énergies propres et renouvelables dans ses réseaux autonomes.

1 : Fannie Olivier, La presse canadienne à Ottawa, 26 janvier 2016, : « La commissaire révèle d’importantes lacunes » 

2: Radio-Canada, 29 octobre 2015 : « Déversement aux Îles-de-la-Madeleine : Hydro-Québec refuse de rendre public un rapport sur l’état de son oléoduc » 

 

Source : Marianne Papillon, porte-parole de l’AMSÉE, 418 937-4945, amsee.ca@outlook.com

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